Papa Tango…

14/03/2013

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Papa Tango…


A l’heure ou se dégage une fumée blanche de la cheminée située au dessus de la chapelle Sixtine et que retentissent les cloches de la Basilique Saint Pierre, face à l’immense place du même nom, jonchée pour l’occasion de près de 200.000 fidèles, touristes et curieux, que nous apprenons l’élection d’un nouveau Pape. Ce 13 mars 2013, au terme d’un conclave de seulement 24 heures (le plus court de l’histoire de l’Église) est prononcé le traditionnel « Habemus Papam » (qui signifie : Nous avons un Pape) en faveur du Cardinal Jorge Mario Bergoglio qui prendra le nom de François.

Election pape francois saint pierre de Rome

– Mais quel est le rapport avec notre blog et, qui plus est, avec le Tango Argentin ?
– C’est très simple : Le nouveau souverain pontife est Argentin et c’est aussi le premier Pape Américain.
– Bon et alors ?

Pape Francois San Lorenzo de Almagro
– Bah, il était Cardinal de Buenos Aires, fan de football (notamment du club de San Lorenzo de Almagro dont il n’aurait pas manqué un match depuis 1946) et passionné par les écrits de Jorge Luis Borges !
– Mais encore ?
– Il aime et a longtemps dansé le Tango.
– Nous y voilà !
 

En effet, l’on sait que les rapports entre l’Église catholique et le Tango n’ont pas toujours étés au beau fixe. Revenons un temps en arrière pour comprendre l’histoire de grands malentendus historiques et de dogmes.

Nous sommes en 1910, le Tango fait escale en Europe par le biais des premiers marins et migrants Argentins. Le succès de cette danse rend très vite le Tango incontournable dans les salons parisiens et s’étend très vite dans le reste de l’Europe.

Journal Le Matin décembre 1913 - Cardinal Amette interdit tangoEn 1913, c’est tout d’abord le Kaiser Guillaume II d’Allemagne qui, depuis Berlin, entend interdire le tango à ses officiers en uniforme. C’est dans la même année le tour du Roi Georges V d’Angleterre et de la Reine Victoria d’interdire le Tango jugé trop excentrique.Quelques temps plus tard, c’est au tour du Dr Frederic Robinson, un Médecin de New-York, du publier un réquisitoire contre le Tango. Présentant cette danse comme bestiale et symptôme de dégénérescence, entrainant par ailleurs de lourdes conséquences tant physiques que psychologiques, il invitât ses confrères à mettre en garde leur patients (ceux sont ces mêmes « médecins » qui recommanderont aux femmes enceintes, quelques décennies plus tard, de fumer pour faire le bien de leur progéniture !). Puisqu’il est de bon ton d’avoir un avis sur le Tango en ces périodes troublées, post guerre mondiale, c’est au tour du Roi de Bavière Louis III d’interdire à ses officiers de prendre part à cette danse qualifiée d’indigne.

L’église catholique en 1914, ne pouvait rester longtemps sans se prononcer sur ce sujet, alors que le Tango a déjà  largement touché les couches populaires et s’est aussi invité dans le club très fermé des danses de salon au sein de la haute société. Le 11 janvier 1914, le Cardinal Amette, Archevêque de  Paris, dans une déclaration parue dans le quotidien « Le Petit Journal », condamne le Tango, jugé comme une danse lascive et offensante pour la morale, invitant les confesseurs à agir en conséquence lors de l’administration du châtiment de pénitence. Dès le lendemain cette rhétorique recevra l’appui officiel du Vatican dans un communiqué de presse adressé par ce dernier.

Le petit journal 1 janvier 1914 - Universite Philadelphie contre le tango

En 1929, le Pape Pie X aurait interdit le Tango (nous utilisons ici le conditionnel, car nous n’avons retrouvé aucune trace écrite lors de nos investigations à propos de cette interdiction, malgré le fait que cette affirmation est admise par un grand nombre) toujours pour des motifs en lien avec une certaine morale chrétienne. Il faudra attendre Benoit XV, son successeur pour que le tango soit rétablit par l’église ! Bien que quelques années plus tard, le Tango fait de nouveau l’objet d’une interdiction, non par les autorités religieuses de Rome, mais par les commanditaires de la Revolución Libertadora initiée par Pedro Eugenio Aramburu (droite catholique nationaliste) en Argentine en 1955 qui renverse Perón et tout ce qui peut évoquer ou rappeler ce dernier, dont le Tango ! Entre couvre-feux et interdictions, Buenos Aires attendra 1983 et le retour de la démocratie pour voir sortir le Tango de la clandestinité, bien que celui ci soit tombé, entre temps, en désuétude…sauf en Europe.

CV Jorge Bergeglio Pape Francois 1er

http://histoire-tango.fr/histoire danse tango/

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